Les sources d’un nouveau départ

Fille de commerçant, le service aux autres, l’écoute et le relationnel sont ancrés dans mes veines.

Sortant d’un Bac Sciences Economiques et Sociales, je me suis dirigée comme une rivière va à la mer vers un DEUG Economie-Gestion. Bien qu’intéressant, je désirais du concret et une utilité de terrain. Mon dévolu s’est jeté sur une licence puis une maîtrise dans le Management de la Qualité. J’ai pu mettre en pratique mes qualités d’écoute, d’empathie et de pragmatisme lors de mes alternances dans la réalisation de projet d’optimisation de la productivité en entreprise. Encore une fois, très intéressant mais insuffisant pour assouvir mon besoin d’aller à l’essentiel et dans l’intérêt collectif. Je me tourne alors vers un Master 2 dans l’Ingénierie du Développement Durable où j’entrevoie des pistes d’évolution. Je suis encore en alternance et intègre une grande entreprise française dans laquelle je resterai plus de 10 en tant que chef de différents projets dans le développement durable et de certifications environnementales en interne et chez les clients. J’ai l’opportunité de réaliser des projets de transformation en vue de prendre en compte davantage l’environnement dans l’entreprise, dans l’opérationnel et la communication, et surtout je créé des modules de sensibilisations au développement durable pour les salariés à l’occasion d’évènements spécifiques. Ces missions me permettent d’être en relation avec les autres dans un intérêt global et collectif, de faire émerger des prises de conscience. Je prends conscience que les réfractaires au changement ou les rebels sont souvent des personnes blessées et qui ne sentent pas écoutées.

Pendant 10 ans, je vis en métro, boulot, dodo en cherchant désespérément un sens à cette vie. Je revis en voyage. Et je voyage beaucoup pour espérer retrouver cette notion de liberté et d’ouverture que mon année en van, en parcourant le Canada et les Etats-Unis m’a procuré.

La naissance de ma fille, en 2012, est aussi un fabuleux pour ma (ré)ouverture à un monde de curiosité, de spontanéité, d’amour et de jeu : le monde des enfants. L’observer grandir, apprendre et évoluer a été une méditation quotidienne et un bouleversement des mes croyances. 

Mon attrait pour les pédagogies alternatives, l’éducation bienveillante, l’éveil sensoriel, le langage des signes et autres modes de communication non verbaux s’est alors décuplé. Je me suis beaucoup orientée sur l’approche Montessori, les travaux de Céline Alvarez et la gestion des émotions. J’ai pris également conscience de mon goût prononcé pour les histoires, les jeux et la créativité.

Et puis, en 2015, je traverse des étapes personnelles difficiles qui ont attisé mon intérêt pour le développement personnel. J’ai lu beaucoup sur le sujet, fait des stages de méditation, de bien être… en mettant en pratique, comme je le pouvais. Professionnellement, je suis douée dans ce que je fais mais dégoutée et aigrie. Et je suis trop jeune pour attendre patiemment la retraite salutaire. Je cherche à œuvrer pour un monde plus harmonieux et respectueux et décide alors de m’attaquer à la source : l’humain.

Mon attrait pour la psychologie me pousse à vouloir accompagner les Hommes vers leur développement durable personnel, pour une ouverture à une conscience holistique.

On ne peut pas changer les gens. On peut juste leur montrer un chemin, puis leur donner envie de l’emprunter.

Laurent Gounelle, Les Dieux voyagent toujours incognito

En parallèle, je prends des cours d’improvisation théâtrale et renoue avec le théâtre que j’avais tant pratiqué plus jeune. J’y trouve un moyen d’extérioriser des émotions, de prendre du recul et d’écouter les autres (et moi même). Un soir, je regarde le film « Chocolat ». Cela résonne trop en moi pour laisser passer cela. Dès le lendemain, je m’inscris à des stages de clown. Après une première initiation enchantée, je continue par un stage Clown et Danse totalement magique puis un autre de Clown et Soins absolument merveilleux. Ces expériences me permettre de renaître, d’être authentique, de me libérer, d’être vraiment moi dans l’instant présent. J’ose enfin renouer avec mes premières amours des arts vivants et j’apprends où est ma place. J’ai rarement été aussi en joie, en paix et en gratitude. Je poursuis le clown et espère un jour pouvoir être clown d’hôpital 🙂

Je m’aventure également dans de nouvelles expériences humaines. Je deviens appelante bénévole pour des personnes âgées seules pour l’association Auboutdufil. J’apprends à écouter, à bavarder et à conclure une conversation avec douceur avec des personnes dans le besoin de lien social. Dans l’enceinte de mon entreprise, je m’engage en tant que marraine dans le programme Capital Filles, qui consiste à accompagner une jeune fille des quartiers populaires dans le choix de son orientation et souvent dans la confiance en elle. J’y découvre ma posture bienveillante et mon envie d’éveiller l’autre à ses richesses, son pouvoir créateur, ses potentiels d’évolution. Et puis, j’intègre un groupe de danses partagées, pratique sportive et artistique mêlant personnes valides et porteuses de handicap. En partenariat avec le LCDP et le foyer de l’ARPEI, nous répétons des chorégraphies et participons à des galas et des festivals tout au long de l’année. En 3 ans, j’ai pu observer les progrès notables dans la motricité, l’apprentissage des mouvements, les relations aux autres et les liens qui nous unissent. L’objectif est de s’amuser, partager et progresser ensemble, permettre l’inclusion et dédiaboliser le handicap mental ou psychique auprès du grand public. C’est fabuleux!

Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n’est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur.

Louis Lavelle

Je découvre ainsi la médiation artistique en l’expérimentant. Je suis accompagnée à l’extérieur par une thérapeute et j’apprends tellement de choses sur moi grâce aux arts vivants, que je décide d’être disruptive à mon tour et pour les autres. Se laisser porter par l’imaginaire et la créativité permet de se comprendre, s’écouter, de prendre confiance, d’aller de l’avant et de vivre ensemble tout simplement. Grâce à la création artistique, nous ressentons des émotions, nous agissons, nous vivons. C’est dans le mouvement que nait et qu’est la vie. 

Je décide ainsi de me reconvertir et de me lancer dans l’aventure de l’art-thérapie. Je cherche l’organisme qui me convient le mieux (programme, logistique, coût, organisation, feeling…). Je connais l’ARTEC pour ses formations en massage qui m’intéressent. Lors de mon entrevue avec la directrice pour le cursus de Médiation Artistique en relation d’aide, je sais que c’est ce qu’il me faut. Je n’hésite pas et malgré la confiance en cet organisme, changer de vie n’est pas une mince affaire. Je quitte un poste stable, un salaire en évolution, une situation sécurisante mais il me manque le sens, la cohérence à mes valeurs, la liberté d’agir et d’être qui je suis vraiment. Le jour de mon départ de l’entreprise est alors une réelle délivrance que je m’offre, une page que je tourne pour ouvrir un nouveau chapitre.

A l’ARTEC, je suis un enseignement à la fois théorique et expérientiel. Je suis séduite par l’approche humaniste et gestaltiste, l’adaptabilité des modules et l’écoute de l’équipe pédagogique. J’y vis des moments très forts, de libération, d’expression, de sonorité (pas assez d’hommes dans cette profession…) et de connaissance de moi même. Et dans cette profession, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur un travail sur soi. Nous testons nos futurs outils sur nous mêmes. L’enseignement est de qualité. Les formateurs et l’équipe encadrante sont à l’écoute et toujours disponibles. Nous apprenons la théorie, expérimentons tous les médiateurs artistiques, structurons notre posture et définissons notre cadre au fur et à mesure. Je recommande cette formation autant pour l’ensemble du cursus certifiant que pour les modules qui peuvent convenir aux professionnels de soin, de relation d’aide, pour acquérir de nouvelles compétences.

Pour valider la formation, j’ai la chance de réaliser 3 stages de 4 mois dans 3 établissements totalement différents : un EHPAD spécialisé dans la maladie d’Alzheimer ; une école maternelle Montessori ; un centre d’hébergement et de réinsertion sociale pour adultes. Les enfants m’interpellent : je sens qu’il y a tellement à faire avec eux pour leur transmettre de bonnes bases pour leur avenir. Le centre de réinsertion m’émeut et je constate l’évolution de chacun au cours des ateliers. L’art-thérapie peut être un fabuleux outil pour retrouver confiance en soi, autonomie et renouer avec soi et les autres. Et puis, je m’épanouis au contact des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies apparentées.

Aujourd’hui, j’ai de nombreux projets en tête grâce à l’art-thérapie pour accompagner les publics suivants :

  • Les personnes atteintes de le la maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées en EHPAD, en café mémoire, à domicile, au sein d’associations pour développer leur capacités cognitives tout en s’amusant
  • Les aidants (personnel ou professionnel) afin de leur offrir des espaces d’expression créative, de lâcher prise et de créer du lien
  • Les migrants, personnes isolées, précaires, en réinsertion pour leur donner la parole, se sentir écouté et leur permettre d’amorcer un processus créatif
  • Les personnes amputées. Ayant été confrontée à l’amputation de mon père, j’ai le souhait de pouvoir proposer dans des établissements adaptés des ateliers de libre mouvement, de reconstruction créative du corps

J’aimerais aussi pouvoir en parallèle : 

  • Créer des ateliers parent-enfant basés sur le conte, la danse, le clown pour développer le lien, expérimenter sa créativité ensemble dans la même position
  • Développer des ateliers mêlant art-thérapie et accès à la culture pour des publics qui en sont dépourvus (visite de musées, participation à des spectacles pour des personnes handicapées mentales, des personnes précaires, des enfants via des fondations ou Bibliothèque sans Frontières) pour une ouverture sur le monde et sa créativité.
  • Créer des spectacles pour et avec « les oubliés de la scène ». Jouer, danser sur scène devant un public avec le travail de préparation et la notion de troupe m’ont tellement apporté que j’ai envie de le transmettre à mon tour à des personnes qui n’en ont pas forcément l’occasion : les personnes en situation de handicap moteur ou mental, les mal-entendants, mal- voyants, les personnes âgées…
  • Créer des spectacles vivants interactifs pour les enfants mêlant conte, clown et théâtre sur le thème des émotions, de la bienveillance

Que de chemin parcouru depuis 2015 et pourtant c’était hier. J’ai osé sauter dans l’inconnu et prendre un nouveau départ pour vivre une vie plus en harmonie avec ce que je suis tout en aidant les autres concrètement, avec joie et amour. Pas facile mais pas impossible…

Et vous, quelle est votre prochaine aventure?

2 thoughts on “Les sources d’un nouveau départ

  1. Bonjour Delphine,
    Je suis contente pour toi, que tu es trouvé un sens à ta vie.
    C’est un saut que je n’ose faire, trop d’inconnue pour moi.
    Bravo pour tout ce travail accompli sur toi afin de venir en aide aux autres !
    Je vais regarder ce que propose l’Artec.

    Bonne route à toi 🙂
    Laura

    1. Merci Laura pour ton message.
      Il me touche.
      L’inconnu fait peur mais si nous n’osons pas, qui le fera pour nous?
      L’ARTEC est vraiment un organisme de formation de qualité. Si tu veux te former à des méthodes bien être (sophrologie, massages, art-thérapie…), même pour ton plaisir personnel, je t’encourage à les contacter 🙂
      Beau cheminement à toi
      Delphine

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